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Comment Moi Président simule la France

Version du 25 octobre 2026. Les chiffres viennent du code et des rapports de test du jeu à cette date.

Chaque joueur gouverne sa propre France. Elle part de la France réelle et s'en écarte selon ses décisions. Quatre fois par jour, le moteur tire 200 suites possibles pour chaque joueur, en tenant compte des décisions de tous les autres, en retient une et montre la fourchette.

Le moteur ne prévoit pas la réalité, et les chiffres du jeu ne sont pas un sondage. C'est un modèle de jeu, réglé sur des données réelles, qui montre les conséquences d'une décision et leur incertitude.

Ce que le moteur simule

L'écran du joueur montre peu de chiffres. Le moteur tient l'état complet du pays :

Six grands équilibres
économie, finances, sécurité, social, écologie, international, chacun relié à des indicateurs réels (croissance, chômage, déficit, dette…).
Six électorats
jeunes, actifs des villes, classes populaires, ruraux, retraités, cadres et entrepreneurs. Chacun réagit à des équilibres différents ; leur approbation pondérée donne la cote.
Cinq familles politiques
sous des noms de jeu. Leur affinité avec le Président décide de leurs offres, de leurs attaques et de leurs votes.
L'Assemblée
577 sièges. Une réforme difficile se vote groupe par groupe, avec la discipline de vote, la négociation, le 49.3, la motion de censure et le Conseil constitutionnel.
Dix-huit régions
treize en métropole et cinq en outre-mer. L'humeur d'une région peut gagner ses voisines.
Le budget
une loi de finances par missions, avec les recettes, les intérêts de la dette et la notation.
Les lois
56 lois modélisées (âge de départ, fiscalité, loyers…), avec leur mise en œuvre progressive.
Les acteurs
syndicats, patronat, maires, lobbies, partenaires étrangers. Chacun a ses demandes et garde en mémoire les promesses tenues ou trahies.
Les médias
les sujets dont le pays parle, et leur poids dans l'opinion.

L'équipe a écrit 320 dossiers, 182 événements et 10 réformes en plusieurs étapes. Le moteur les combine selon l'état de chaque partie ; aucune partie ne suit un scénario fixé.

Les données réelles

La France de chaque joueur est la France réelle plus l'écart créé par ses décisions. Quand un chiffre réel change, toutes les parties changent d'autant, et l'écart propre à chaque joueur reste. Le jeu lit :

  • l'agenda public du Président de la République, qui donne la trame de la journée ;
  • les indicateurs de l'INSEE (chômage, croissance, dette publique…) ;
  • la composition de l'Assemblée nationale par groupe ;
  • la composition du gouvernement et le prix des carburants, publiés par l'État sur data.gouv.fr ;
  • les enquêtes d'opinion publiées, affichées avec leur institut, leur média et leur date, uniquement pour comparer le joueur au pouvoir réel.

Une intelligence artificielle aide à lire l'actualité et à la classer. Elle suit des règles strictes (faits sourcés, aucune citation inventée, aucune personne privée) et ne calcule aucune conséquence.

La prévision et le calcul

Quand le joueur signe, le téléphone affiche une prévision : la direction des effets et une fourchette, par exemple « votre cote : 45 à 49 % ». L'effet attendu s'applique tout de suite.

À 7 h 30, 12 h 30, 16 h et 21 h 30, nos serveurs calculent toutes les parties en même temps. C'est ce calcul qui fixe ce qui arrive.

Le tirage des suites possibles

Pour chaque joueur et chaque calcul, le moteur tire 200 suites possibles (le nombre se règle de 20 à 2 000), soit 800 par jour. Dans chacune, une décision peut donner à peu près l'effet attendu, le dépasser, ou se retourner contre le Président. L'écart grandit quand le sujet est brûlant et quand le choix est rare.

Ces probabilités dépendent de l'état de la partie : la solidité du gouvernement, l'état de grâce, l'hostilité du camp le plus touché par la décision, le poids du sujet dans l'actualité réelle. Le moteur ajoute les événements du jour, chacun avec sa probabilité, et un bruit propre au pays.

Le moteur retient ensuite une suite au hasard, avec la même chance pour chacune. Le joueur voit le résultat et la fourchette, par exemple « dans 8 suites sur 10, votre cote finissait entre 40,2 et 45,0 ». Chaque décision reçoit un verdict : elle porte ses fruits, elle donne un résultat mitigé, ou elle se retourne contre son auteur.

La probabilité qu'une décision se retourne se calcule ainsi :

p = 0,05 + (50 − solidité) / 500
      + 0,08 × hostilité − 0,04 × grâce
p est bornée entre 2 % et 30 %

L'effet des autres joueurs

Avant de calculer les parties, le moteur résume les décisions de tous les joueurs depuis le calcul précédent. Ce résumé produit les mêmes chocs pour tout le monde :

Les marchés
si la majorité des joueurs dépense le même jour, les taux d'intérêt montent pour tous, et davantage pour ceux qui ont dépensé.
L'Europe
quand plus d'un tiers des réformes portent sur un même sujet, cette tendance pèse sur l'image internationale de chaque joueur.
Les dossiers ignorés
un dossier commun que la majorité a laissé de côté revient plus fort chez ceux qui l'ont ignoré.
Les choix rares
choisir comme la majorité rend le résultat plus prévisible et un peu moins payant ; un choix rare donne un résultat plus incertain.

Les textes du dévoilement

À chaque calcul, un module propose un à trois événements tirés de l'histoire du joueur : sa dernière loi, le camp qui lui est hostile, sa région sous tension. Le moteur limite l'effet de chaque proposition. Une intelligence artificielle peut reformuler les phrases du dévoilement ; le serveur refuse toute reformulation qui change un nombre, ajoute une citation ou emploie le mot « sondage ». Le résultat part à l'heure, reformulé ou non.

Reproductibilité et bornes

Le moteur est déterministe. Chaque tirage dépend d'une graine formée de la partie, du calcul et de la suite tirée ; avec les mêmes décisions, le moteur retrouve exactement le même résultat.

Un calcul ne peut pas déplacer un grand équilibre de plus de 4 points, un électorat de plus de 4 points, ni l'affinité d'une famille politique de plus de 8. Les tests vérifient les limites de chaque variable sur 10 000 tirages.

Les 200 suites d'une partie se calculent en 0,6 milliseconde. Un calcul de 1 000 parties prend 30 secondes de bout en bout sur une seule machine.

Le réglage

Pour régler le jeu, l'équipe a simulé 3 100 mandats d'un an, joués par quatre profils automatiques qui tranchent tous les dossiers quatre fois par jour. Ces profils sont des manières de jouer ; aucun ne correspond à une famille politique. Résultats dans la configuration de production :

ProfilCe qu'il faitCote à un an (médiane)Démission avant un anRéélu à un an
Au hasardchoisit une option au hasard23,590 %0 %
Populistecherche l'approbation immédiate30,4 (53 au premier mois)0 %8 %
Technocratesoigne les équilibres à long terme47,70 %49 %
Équilibrépèse ce qui va mal, le coût et le risque52,30 %64 %

300 mandats par profil, octobre 2026.

La neutralité

Aucune règle du moteur ne juge une mesure selon qu'elle est de droite ou de gauche.

La boussole politique du joueur se calcule à partir de ses seuls choix. Les tests l'ont jouée sur quatre trajectoires opposées, pendant 90 jours, avec trois graines : elle déplace la cote de 0,6 point au plus et ne creuse pas l'écart entre les trajectoires.

Les 177 personnalités politiques réelles du jeu sont réparties à égalité, 34 par famille politique, plus 7 sans étiquette. Elles sont caricaturées et leurs propos dans le jeu sont fictifs.

Les limites

Le modèle simplifie un pays réel. Ses réglages servent un jeu lisible et équitable ; ils ne prédisent aucun résultat réel.

Les joueurs ne représentent pas les Français. Nous ne présentons jamais leurs choix comme une opinion publique.

Les réactions des électorats sont des hypothèses de jeu, écrites et réglées par l'équipe, puis vérifiées par simulation.

Les données réelles ont une date : le jeu affiche chaque chiffre réel avec sa source et sa date de publication.

Contact

Pour une question sur le moteur, ou pour le soumettre à un regard extérieur : hello@gabem.fr.